René Quinton et son travail

De longues années d’études de biologie générale et comparée et de nombreuses expériences au laboratoire ont conduit René Quinton à formuler une série d’hypothèses stupéfiantes pour son temps. Il les a publiées en 1904 dans son oeuvre maîtresse « L’eau de mer milieu organique ». Dans cet ouvrage, Quinton a défini les différentes lois de constance régissant la vie animale. Il a établi notamment qu’à travers toute la série zoologique, des animaux les plus simples aux formes les plus élevées, la vie apparue dans les mers a toujours tendu à maintenir les cellules qui composent chaque organisme dans un milieu ayant la composition de l’eau de mer. Il a déterminé que la concentration saline des océans variait à travers les âges et qu’elle était de 8,5 à 9 g. pour 1000 g. d’eau pour les océans primaires quand la vie apparut sur terre, et qu’elle est à 33 g. pour 1000 g. aujourd’hui. À partir de cette hypothèse, il a déduit que l’organisme humain devrait retirer un bénéfice immédiat de la prise de l’eau de mer à la concentration saline originelle, milieu vital de ses cellules. Cependant, cette eau n’existait plus et il a fallu qu’il l’élabore à partir de l’eau de mer existante. Ici il s’est heurté à de grandes difficultés et a essuyé plusieurs échecs.

Il a observé notamment que :

  • seule l’eau de mer très pure, captée au large, dans les zones de vortex, amenée à l’isotonie, avait des qualités thérapeutiques
  • l’eau en contact du métal modifiée, stérélisée à chaud ou reconstituée, perdait ses qualités et pouvait même devenir nocive.

Après plusieurs années d’efforts, il a établi une méthode de travail qui le satisfait entièrement. Il a fait breveter sa méthode et enregistrer son produit sous le nom de « Plasma de Quinton ».

Les résultats des travaux de recherche en laboratoire ont amené René Quinton à assimiler tout organisme à un aquarium dans lequel baignaient les cellules qui le composaient et dont le liquide avait la composition de l’eau de l’océan primaire. Quinton a compris l’importance de ce liquide et considéré que sa qualité jouait un rôle fondamental dans la vie cellulaire. Il a eu l’intuition que toute altération de la qualité de ce liquide provoquerait des perturbations importantes dans la nutrition cellulaire, dans la métabolisme cellulaire et dans les systèmes de défense de l’organisme contre les processus pathologiques.

Il en déduit que le renouvellement ou le remplacement de ce liquide par un liquide analogique, tel que son plasma, ne devrait présenter aucun risque pour un organisme sain et qu’un organisme malade devait en retirer le plus grand bien. Pour confirmer la justesse de son hypothèse, il a imaginé une série d’essais cliniques sur le chien et les tissus de différents organismes. Si son hypothèse s’avérait juste, il considérait qu’il pouvait procéder aux essais cliniques sur l’homme. Dans le cas contraire, il aurait fallu que Quinton remette en question tout son travail.

Quinton injecte à un premier groupe de chiens une quantité variable de son plasma allant de 66% à 108% de leurs poids à la vitesse de l’élimination du rein. Pendant toute la durée de l’expérience, les animaux ne présentent aucun troubles. Ils se rétablissent complètement au bout de vingt-quatre heures, bien que leur plasma ait dû être à peu près entièrement renouvelé à la fin de l’injection.

Dans le deuxième groupe d’essais, Quinton soutire à un chien la presque totalité de son sang, sans précautions particulières d’asepsie et le remplace par son plasma. Il place ainsi le chien à la limite des conditions compatibles avec la vie. Contre toute attente, le chien survit à l’expérience, lutte avec succès contre l’infection et récupère son état de santé normal rapidement.

En 1969, les docteurs B. Boudrias et C. Reynaud du Centre de recherche Delalande en France ainsi que l’équipe de la faculté de Médecine de Tenerife en 1974, ont répété les expériences de Quinton avec le même succès.

Quinton aborde le troisième groupe d’expériences avec une grande appréhension. Il se propose de faire vivre des globules blancs de différents organismes dans son plasma, en sachant que ceux-ci ne survivent dans aucun milieu artificiel, que seuls les liquides naturels les maintiennent vivants. Il y réussit parfaitement. Les globules blancs de tous les organismes, incluant ceux de l’homme, sont observés normaux et vivants, confirmant ainsi que le plasma a efficacement remplacé leur milieu interne naturel. La voie aux essais cliniques sur l’homme est ouverte.

Quinton a conduit de nombreux essais cliniques dans différents hopitaux de Paris et de province. Il les a conduits en étroite collaboration avec les médecins de ces établissements. Au début de ses essais, il a administré son plasma par la voie intraveineuse mais il l’a rapidement abandonnée au profit de la voie sous-cutanée, plus pratique. Ses collaborateurs et lui ont développé une vrai méthode thérapeutique marine. Ils ont fixé les doses et les intervalles entre les traitements ainsi que la durée de ces traitements. Dès les premières publications de ses résultats, sa méthode a connu un grand succès et beaucoup de médecins l’ont adoptée. Plusieurs dispensaires ont ouvert leurs portes à Paris et en province. De nombreux médecins ont obtenu les résultats préconisés par Quinton et ils ont trouvé des applications encore plus variées que celles de Quinton. Les publications scientifiques apparaissent à un grand rythme.

Malheureusement, la première guerre mondiale et ensuite la deuxième guerre mondiale ont interrompu l’élan lancé. Cependant, elles n’ont pas été capables de reléguer entièrement le travail de Quinton dans l’oubli. Bien qu’à un rythme réduit, les publications paraissent toujours. De nouvelles applications du Plasma de Quinton ont été trouvées, appuyées par des explications scientifiques. Le Plasma a été administré de plus en plus fréquemment par voie orale. L’utilisation du Plasma marin de Quinton comme complément alimentaire par voie buccale est devenue largement répandue. Des travaux ont démontré que le plasma de Quinton par voie buccale était aussi efficace que par voie injectable.